La créatine souffre d'un malentendu persistant. Pour beaucoup, elle évoque immédiatement l'image de culturistes ou d'athlètes cherchant à maximiser leurs performances physiques. Cette perception limitée nous empêche de comprendre le rôle fondamental que joue cette molécule dans notre physiologie. En réalité, la créatine est bien plus qu'un simple complément sportif : c'est un nutriment essentiel qui influence directement notre énergie cellulaire, nos fonctions cognitives et notre capacité à bien vieillir.
Dans le contexte actuel où la médecine nutritionnelle prend une place prépondérante dans les stratégies de prévention et où l'alimentation est reconnue comme un pilier de la santé, comprendre le rôle de la créatine devient crucial. Cette molécule, naturellement présente dans notre organisme, représente un exemple parfait de la façon dont un nutriment peut influencer multiple systèmes biologiques et contribuer à un vieillissement en bonne santé.
La créatine est une molécule composée de trois acides aminés - l'arginine, la glycine et la méthionine - synthétisée principalement dans le foie, les reins et le pancréas. Notre corps produit environ 1 gramme de créatine par jour, tandis que l'alimentation, particulièrement la viande rouge et le poisson, peut en apporter 1 à 2 grammes supplémentaires. Une fois synthétisée ou ingérée, la créatine est transportée via la circulation sanguine vers les tissus à haute demande énergétique, où elle est stockée sous forme de phosphocréatine.
Le mécanisme d'action principal de la créatine réside dans son rôle de réservoir énergétique rapide. Dans nos cellules, l'énergie est stockée sous forme d'ATP (adénosine triphosphate). Lors d'un effort intense ou d'une demande énergétique soudaine, l'ATP est rapidement consommé et converti en ADP (adénosine diphosphate). C'est ici qu'intervient la phosphocréatine : elle cède son groupe phosphate à l'ADP pour régénérer rapidement l'ATP, permettant ainsi de maintenir les niveaux d'énergie cellulaire. Ce système, appelé système phosphagène, est particulièrement crucial lors des premières secondes d'un effort intense, mais son importance va bien au-delà de la performance sportive.

Kreider, R.B., et al. (2017). "International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine." Journal of the International Society of Sports Nutrition, 14(1), 18.
Le cerveau, bien qu'il ne représente que 2% de notre masse corporelle, consomme environ 20% de notre énergie totale. Cette demande énergétique colossale rend le tissu cérébral particulièrement sensible aux fluctuations de la disponibilité en ATP. Les recherches récentes ont démontré que la supplémentation en créatine augmente les niveaux de phosphocréatine cérébrale, améliorant ainsi la bioénergétique neuronale. Cette amélioration se traduit par des bénéfices mesurables sur plusieurs fonctions cognitives.
Les études en neuroimagerie fonctionnelle révèlent que la créatine améliore la mémoire de travail, particulièrement dans des conditions de stress cognitif ou de privation de sommeil. Le mécanisme sous-jacent implique une meilleure efficacité du métabolisme énergétique dans les régions préfrontales et hippocampiques, zones cruciales pour les fonctions exécutives et la consolidation mnésique. De plus, la créatine exerce un effet neuroprotecteur en réduisant le stress oxydatif et en stabilisant les membranes mitochondriales, ce qui peut ralentir le déclin cognitif lié à l'âge.
Les femmes présentent des besoins spécifiques en créatine qui évoluent selon leur cycle hormonal et leur statut ménopausique. Durant la phase lutéale du cycle menstruel, la baisse des œstrogènes s'accompagne d'une diminution de la synthèse endogène de créatine. Cette fluctuation peut contribuer à la fatigue prémenstruelle. La supplémentation en créatine durant cette période aide à maintenir les niveaux énergétiques et peut atténuer certains symptômes du syndrome prémenstruel.
Autre phénomène intéressant que j’ai lu ces derniers temps, c’est que la créatine peut aider à lutter contre la rétention d’eau observée durant le cycle menstruel. Car oui, la créatine engendre une rétention d’eau… mais dans le muscle! Ce qui n’a rien à voir avec une rétention dans le tissus sous-cutané.
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