
L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
GDF-15 est le marqueur de stress cellulaire que vos cellules fabriquent quand elles n'arrivent plus à suivre. Il est au cœur du mécanisme des nausées de grossesse, il grimpe dans presque toutes les maladies, et il compte parmi les marqueurs les plus constamment associés à la fragilité et à la mortalité chez les personnes âgées. Sa non-spécificité n'est pas un défaut, c'est l'information. En laboratoire, une signalisation de stress qui ne s'arrête jamais fait grimper la facture énergétique de cellules humaines d'environ 60 %. L'erreur serait de vouloir faire baisser le chiffre : GDF-15, c'est la fumée, pas le feu.
Le mobile : pourquoi les femmes enceintes vomissent
On a longtemps ignoré pourquoi les femmes enceintes vomissent.
Sept grossesses sur dix s'accompagnent de nausées. Une à trois sur cent basculent dans l'hyperémèse gravidique, une forme si sévère qu'elle a tué des femmes (Charlotte Brontë, probablement, par les suites de la dénutrition plus que par les vomissements eux-mêmes) et qu'elle en pousse encore certaines à interrompre une grossesse désirée. On a accusé les hormones. On a accusé l'hystérie, longtemps. C'est ce qui arrive quand le mécanisme manque : le symptôme finit par retomber sur la patiente.
En décembre 2023, Nature a désigné le coupable. Et la molécule qui inonde le sang de la mère n'est presque pas fabriquée par elle : elle vient du fœtus et du placenta. La part maternelle représente moins de 1 % du total.
Et puis il y a le détail qui rend l'affaire intéressante. Dans une enquête menée au Sri Lanka chez des femmes atteintes de bêta-thalassémie, une maladie où le GDF-15 est chroniquement très élevé, 5 % seulement rapportaient des nausées de grossesse, contre plus de 60 % des témoins. Enquête déclarative, rétrospective, et le taux n'y a jamais été mesuré : ce n'est pas une preuve, c'est une piste.
LE CONTRASTE
Grossesse : le GDF-15 grimpe brutalement en quelques semaines, et les nausées suivent.
Bêta-thalassémie : le GDF-15 est très élevé en permanence, toute la vie, et les femmes concernées rapportent peu de nausées de grossesse. Enquête rétrospective, taux jamais mesurés : une piste, pas une preuve.
Le taux compte, les auteurs le confirment. Mais il n'explique pas tout. À quantité comparable, deux femmes ne réagissent pas de la même manière. Ce que le cerveau lit, c'est aussi l'écart par rapport à ce à quoi il est habitué. Les auteurs en tirent une hypothèse inattendue : chez la souris, une exposition préalable au GDF-15 émousse la réponse à une dose aiguë. Exposer les femmes avant la grossesse pourrait donc désensibiliser le signal. Ils précisent dans le même mouvement qu'il faudra d'abord établir chez l'humain la dose et la cinétique de cette désensibilisation, avant même de penser à un essai.
Gardez cette idée en tête. Elle va servir dans un service d'hôpital qui n'a rien à voir.
La victime suivante : le même marqueur, chez un homme de 72 ans
Maintenant, changez complètement de littérature.
Prenez un homme de 72 ans, jamais enceinte pour des raisons évidentes. Son GDF-15 est l'un des marqueurs sanguins les plus constamment associés à sa fragilité, à sa perte de fonction physique et à sa mortalité toutes causes. Sur 1154 protéines plasmatiques analysées dans deux grandes cohortes américaines, avec une vitesse de marche mesurée chaque année pendant sept ans, c'est lui qui ressort en tête.
Associé, pas prédictif. Pris seul, il sépare mal celui qui va devenir fragile de celui qui ne le deviendra pas, et l'ajouter à un modèle de mortalité déjà ajusté ne gagne quasiment rien. C'est un signal de population, pas un oracle personnel. Il figure tout de même parmi les 14 biomarqueurs retenus en 2025 par un consensus international d'experts, établi par méthode Delphi, pour les études d'intervention sur le vieillissement.
Même molécule, même dosage, et deux littératures qui ne se parlent pas.
C'est là que l'objection tombe, et elle est solide : un marqueur qui monte dans la grossesse, l'insuffisance cardiaque, le cancer, le diabète, l'insuffisance rénale, la maladie mitochondriale et le vieillissement est trop peu spécifique pour trancher un diagnostic. C'est exact. Et c'est précisément ce qui le rend intéressant. Sa non-spécificité est l'information.
Pour comprendre pourquoi, il faut regarder à quoi sert cette molécule.
Le signal : ce que GDF-15 dit vraiment à votre cerveau

On a d'abord rangé GDF-15 parmi les hormones de la faim, puis parmi les cytokines inflammatoires. C'en est bien une, mais atypique : elle ne se déclenche pas pour maintenir un équilibre, elle se déclenche quand l'équilibre est déjà rompu. C'est un signal de reddition.
Quand une cellule n'arrive plus à suivre, quand ses mitochondries n'honorent plus la facture énergétique, quand les dégâts sur l'ADN dépassent la capacité de réparation, elle enclenche un programme de survie très ancien et elle fabrique du GDF-15. Le processus coûte de l'énergie : synthèse, repliement, clivage, export. Qu'une cellule déjà en difficulté dépense autant pour la produire suggère qu'il ne s'agit pas d'un simple déchet.
En 2017, on a trouvé son récepteur. Quatre laboratoires pharmaceutiques rivaux ont publié la même découverte à un mois d'intervalle, trois d'entre eux le même jour. Et là, une surprise : on ne le trouve quasiment nulle part ailleurs dans le corps. Il est niché dans deux structures minuscules du tronc cérébral, au seul endroit qui surveille en permanence le sang à la recherche de toxines et déclenche la nausée. Un récepteur logé là et nulle part ailleurs, c'est l'anatomie d'un témoin, pas celle d'une cause.
Le message est activé, et la réponse tombe : l'appétit s'éteint, la nausée monte. Aux doses pharmacologiques, l'envie de bouger disparaît aussi, ce qui n'est pas le cas aux concentrations que produit l'organisme lui-même. L'organisme se met en retrait. Retrait comportemental, précisons-le : le GDF-15 ne fait pas baisser la dépense énergétique, il l'empêche même de s'effondrer pendant une restriction calorique.
Ça paraît absurde de couper l'appétit quand on est malade. Ça ne l'est pas. L'hypothèse la plus simple est que, pendant l'essentiel de l'histoire humaine, tomber gravement malade et continuer à chasser était une stratégie perdante. GDF-15 ressemble au bouton « arrête tout, conserve, attends que ça passe ». Un système d'alerte générale plutôt qu'une molécule de maladie.
Restait à savoir ce qui, dans une vie ordinaire, appuie sur ce bouton.
L'homme qui écoute les cellules : ce que le stress coûte en énergie

Ici entre Martin Picard, PhD, professeur de médecine comportementale à Columbia, en psychiatrie et en neurologie. Chercheur, pas clinicien. Il était invité début juillet du Diary of a CEO, où il a repris point par point l'idée reçue selon laquelle l'énergie serait d'abord une affaire d'apport.
Picard ne fait pas de la biologie mitochondriale classique. Il fait de la psychobiologie mitochondriale, ce qui est une manière élégante de dire qu'il mesure ce que votre vie coûte à vos cellules.
Son laboratoire a exposé trois lignées de fibroblastes humains, issues de trois donneurs différents, à 100 nanomolaires de dexaméthasone (un corticoïde puissant) en continu pendant toute leur durée de vie en culture, soit 150 à 250 jours selon la lignée. Résultat : la facture énergétique de ces cellules, l'énergie qu'il leur faut simplement pour rester en vie, grimpe de 61,9 %. Elles ne s'éteignent pas, elles s'emballent. Et cet hypermétabolisme se paye cash : instabilité de l'ADN mitochondrial, télomères qui raccourcissent plus vite, horloges épigénétiques qui accélèrent, durée de vie cellulaire réduite.
Une précision s'impose, et elle est décisive. Cent nanomolaires d'un glucocorticoïde de synthèse, en continu pendant des mois, ne reproduisent pas une contrariété de bureau. C'est un modèle de charge glucocorticoïde soutenue, plus proche d'une corticothérapie prolongée. Ce qu'il mesure, c'est le coût énergétique d'une signalisation de stress qui ne s'arrête jamais.
LE CHIFFRE
61,9 %. C'est l'augmentation de la dépense énergétique mesurée en laboratoire sur trois lignées de fibroblastes humains, exposées en continu à un glucocorticoïde de synthèse pendant toute leur durée de vie cellulaire. Un modèle de laboratoire, pas une mesure faite sur des personnes.
Le stress n'est pas seulement un poids psychologique. C'est aussi un impôt énergétique, prélevé sur le budget qui devait servir à la réparation et à la défense antioxydante.
Son équipe a ensuite testé l'hypothèse directement chez l'humain. Elle a soumis des volontaires à un stress social aigu, une prise de parole devant un jury impassible, et a dosé le GDF-15. Il monte, dans la salive comme dans le plasma, en quelques minutes. Ce sont des résultats encore préliminaires : le volet salivaire est publié mais présenté par ses auteurs comme exploratoire, le volet plasmatique repose sur un preprint. Dans les données de la cohorte de Framingham, le GDF-15 est en moyenne plus élevé chez les personnes à revenu plus bas, à niveau d'éducation plus bas et à tension au travail plus élevée. Des associations, pas une démonstration.
Autrement dit, la molécule que le fœtus utilise pour dire « je suis là » à sa mère ressemble à celle que vos cellules utilisent pour dire « je n'y arrive plus » après une réunion humiliante.
Et si vous doutez encore que le vécu s'inscrive dans les tissus, Picard a publié dans eLife en 2021 le travail le plus élégant que je connaisse sur le sujet. Son équipe a cartographié la dépigmentation le long de 397 cheveux prélevés chez 14 volontaires. Deux d'entre eux seulement, un homme et une femme, ont reconstitué après coup leur historique de stress de l'année écoulée, un à quatre mois après le prélèvement. Chez l'homme, âgé de 35 ans, cinq cheveux bicolores se sont repigmentés pendant le mois qu'il a noté 0 sur 10, au retour de deux semaines de vacances. Deux cas, sélectionnés parce que leurs cheveux étaient intéressants, et un questionnaire rétrospectif : les auteurs parlent de coïncidence temporelle, jamais de causalité. Mais à cette échelle au moins, le vieillissement n'est pas toujours une flèche. Il ressemble davantage à une marée.
Arrivé ici, presque tout le monde commet la même erreur.
Où tout le monde se trompe : faire baisser le chiffre ne sert à rien

Le réflexe est mécanique : « mon GDF-15 est élevé, faisons-le baisser ». C'est l'erreur la plus répandue sur ce marqueur, et il faut la lever tout de suite.
La metformine, un antidiabétique soumis à ordonnance dont l'usage hors indication est très discuté dans le milieu longévité, fait monter le GDF-15 d'un facteur d'environ 2,5 chez l'humain, mesuré sur neuf volontaires après deux semaines de traitement. En pratique courante, l'ampleur est plus mesurée : chez 51 diabétiques de type 2 traités douze semaines, le GDF-15 médian passe de 937 à 1265 pg/mL. Et c'est peut-être par ce canal qu'elle coupe l'appétit : chez des souris privées de GDF-15 ou de son récepteur, elle ne prévient plus la prise de poids sous régime gras. Le mécanisme reste débattu. Une équipe danoise indépendante a repris la question deux ans plus tard et conclut que cette voie n'est pas nécessaire à l'effet de la metformine sur la balance énergétique. Rien de tout cela n'est une invitation à en prendre, et aucune autorité n'a validé la metformine dans une indication de longévité.
Un effort d'endurance prolongé fait grimper le GDF-15 de quatre à cinq fois. Chez quinze triathlètes d'élite après quatre heures de vélo, il est multiplié par 5,3, et plus de 30 % d'entre eux dépassent 2500 pg/mL. Les auteurs décrivent ces valeurs comme des niveaux qu'on n'observe habituellement que dans des situations pathologiques. La formule mérite d'être nuancée, car elle précède d'un an les premières valeurs de référence par tranche d'âge : chez l'homme en bonne santé de 70 à 79 ans, la médiane est déjà de 1549 pg/mL, et de 2152 au-delà de 80 ans. Ce qui est spectaculaire chez un triathlète de 27 ans est donc banal trente ans plus tard. Dans les deux cas, tout revient à la normale en vingt-quatre heures. Personne n'a jamais soutenu qu'une longue sortie à vélo vous tue.
Et les études de randomisation mendélienne, celles qui utilisent la génétique pour tester la causalité, n'ont jamais testé l'hypothèse d'un GDF-15 qui causerait le vieillissement. Ce qu'elles ont testé, ce sont des maladies. Elles ne trouvent aucun effet causal du GDF-15 sur le poids ni sur la composition corporelle chez l'homme, ce qui suggère déjà que l'effet observé chez l'animal ne se transpose pas. Elles montrent même la relation dans l'autre sens : c'est l'indice de masse corporelle qui élève causalement le GDF-15. Sur les traits qui ont été testés, le sens de la causalité va donc du corps vers le marqueur, et non l'inverse. Rien ne dit qu'il en aille de même partout, et nous verrons une exception. Mais pour ce qui nous occupe ici, le vieillissement en bonne santé, aucune donnée ne fait aujourd'hui du GDF-15 une cause.
GDF-15, c'est la fumée. Ce n'est pas le feu.
Pic aigu | Plateau chronique | |
|---|---|---|
Déclencheur | effort d'endurance prolongé, infection | usure de fond, maladie, stress durable |
Durée | quelques heures, retour à la base en 24 h | semaines ou mois |
Ce que ça dit | le système d'alerte fonctionne | quelque chose consomme vos cellules en continu |
Ce qui est établi | aucun effet délétère rapporté | association avec la fragilité et la mortalité, sans causalité démontrée |
Ce qu'il faut faire | rien | chercher la cause, pas faire baisser le chiffre |
Un pic aigu et réversible après l'effort n'a jamais montré le moindre effet délétère. Contrairement au GDF-15 administré comme médicament, celui que produit l'exercice ne coupe ni l'appétit ni l'envie de bouger. Un plateau chroniquement élevé, en revanche, c'est un incendie qui couve quelque part, et que personne n'éteindra en s'attaquant à la fumée.
Avec une exception qui mérite le détour, parce qu'elle est nette. Dans la cachexie cancéreuse, GDF-15 n'est plus le témoin, il devient le coupable. Un anticorps qui le neutralise, le ponsegromab, a fait l'objet d'un essai de phase 2 publié dans le New England Journal of Medicine en septembre 2024, chez 187 patients dont le poids médian à l'inclusion était de 54,8 kg. À la dose la plus élevée, les patients traités pèsent 2,81 kg de plus que ceux sous placebo au bout de douze semaines, en différence médiane entre groupes. L'écart ne vient pas seulement d'une reprise : sur ces douze semaines, le groupe placebo, lui, continuait de maigrir. Un essai de phase 2b/3 est en cours depuis octobre 2025 dans le cancer du pancréas métastatique. Ce produit n'est autorisé dans aucun pays et n'existe aujourd'hui que dans le cadre d'essais cliniques. Il n'a rien à faire dans une discussion sur le vieillissement en bonne santé, et c'est justement ce qui rend le contraste instructif : le témoin ne passe du côté du coupable que lorsqu'il hurle.
Reste la question que tout le monde se pose en arrivant ici : faut-il le doser ?
Ce qu'on peut en faire, concrètement

Ne dosez pas votre GDF-15 par curiosité. Rien dans la littérature actuelle ne justifie de le doser chez quelqu'un qui va bien.
LE SIGNAL D'ALERTE
Il n'existe aucune valeur normale universelle. Le GDF-15 monte avec l'âge, avec la grossesse, l'insuffisance rénale, le tabac, le diabète, l'insuffisance cardiaque, la metformine, et dans les heures qui suivent un effort intense. Un chiffre isolé, sorti de son contexte, ne vous dit rien et vous coûtera soit une angoisse inutile, soit une fausse réassurance.
Il monte continûment avec l'âge, avec une accélération nette dès la cinquantaine : dans une cohorte écossaise de plus de dix-huit mille personnes en bonne santé, la médiane double entre la tranche des 40-49 ans et celle des 70-79 ans. Quand un dosage est indiqué, le seul repère chiffré disponible est celui-ci : le GDF-15 revient à sa valeur de base dans les vingt-quatre heures qui suivent un effort intense. Pour le reste, éviter les phases infectieuses et raisonner sur une trajectoire plutôt que sur un point isolé. Le GDF-15 reste à ce jour un marqueur de recherche, et l'indication appartient à votre médecin.
Et surtout, retenez l'enseignement qui ne se vend pas en flacon.
On peut optimiser des compléments à 200 francs le mois et suivre son âge épigénétique au centième près. Pendant ce temps, sur des fibroblastes humains, une signalisation de stress qui ne s'arrête jamais suffit à faire grimper la dépense énergétique de 61,9 % et à accélérer trois marqueurs de vieillissement cellulaire. Personne n'a mesuré l'effet d'un complément sur la dépense énergétique de cellules humaines, et personne n'a comparé un conflit au travail à une absence de NMN (un précurseur du NAD, un cofacteur essentiel à la production d’énergie cellulaire). Mais l'ordre de grandeur mérite qu'on regarde d'abord du côté du stress chronique.
LA BONNE NOUVELLE
Le levier dont il est question ici ne se vend pas en flacon. Régler un conflit qui traîne, aménager une situation qui vous use, préserver vos temps de récupération : rien de tout cela n'apparaît sur un protocole de longévité, et c'est pourtant de ce côté que l'ordre de grandeur invite à regarder en premier.
Votre protocole anti-stress cellulaire
Nommez la source. Avant d'ajouter quoi que ce soit, identifiez la situation qui, dans votre vie, tourne en fond depuis des mois. C'est elle qui prélève l'impôt énergétique.
Protégez la récupération. Sept à neuf heures de sommeil, et des journées qui ne s'enchaînent pas sans coupure. La réparation se fait sur le budget qui reste.
Bougez, sans confondre pic et plateau. L'effort fait monter le GDF-15 quelques heures, et c'est sans conséquence. Une marche de dix à quinze minutes après les repas reste l'un des gestes les mieux documentés sur le métabolisme, et il ne coûte rien.
Distinguez le stress bref du stress de fond. Un sauna, une douche froide ou un effort qui pique font monter le GDF-15 quelques heures, puis tout revient à la base. C'est l'inverse exact d'une situation qui dure des mois.
Ne dosez rien sans indication. Si un bilan est justifié, laissez votre médecin poser l'indication, et regardez une trajectoire plutôt qu'un point isolé.
LE RÉFLEXE
Cette semaine, ne changez pas de complément. Écrivez sur une feuille la situation qui vous pèse depuis plus de trois mois, et la première décision qui la ferait bouger d'un cran.
Alors avant le prochain protocole, avant la prochaine molécule, posez la question que GDF-15 pose à votre place : qu'est-ce qui, dans ma vie, oblige mes cellules à crier ?
Occupez-vous du feu. La fumée n'est qu'un indicateur.
Vous n'avez pas encore le livre ?
Mon livre, le Playbook 90 jours et ma conférence Hypersanté, réunis dans une seule édition. Découvrir l'Édition Intégrale.
Un marqueur ne remplace jamais une décision. Celui-là se contente de poser la question que personne n'a envie d'entendre.
Pour les confrères
Cette section rassemble la méthode, les effectifs et les valeurs exactes. Elle peut être sautée sans perdre le fil de l'article.
Origine du GDF-15 pendant la grossesse. Fejzo et coll. ont exploité un variant naturel du gène, H202D, comme traceur, et quantifié les peptides par spectrométrie de masse chez sept paires mère-fœtus génétiquement discordantes. La part d'origine maternelle représente 0,6 % du GDF-15 circulant en médiane (Q1-Q3 : 0,12 à 2,25).
Classification. GDF-15 appartient à la superfamille du TGF-bêta. Son profil penche du côté immunomodulateur plutôt qu'inflammatoire, et son rôle n'est pas homéostatique.
Récepteur et localisation. GFRAL, identifié en 2017 par Janssen, Eli Lilly et Novo Nordisk le 28 août dans Nature Medicine, puis par NGM Biopharmaceuticals un mois plus tard dans Nature. Il signale avec le corécepteur RET. Son expression est restreinte à l'area postrema et au noyau du tractus solitaire, chez la souris comme chez l'humain. L'area postrema est la zone gâchette chémoréceptrice, située hors barrière hémato-encéphalique.
Modèle de charge glucocorticoïde. Trois lignées de fibroblastes humains primaires, trois donneurs, 100 nM de dexaméthasone en continu jusqu'à la sénescence réplicative, soit 150 à 250 jours. Dépense énergétique totale de repos rapportée au volume cellulaire : plus 61,9 % (p inférieur à 0,001).
Valeurs de référence. Cohorte Generation Scotland, 18 507 sujets sans cardiopathie ni antécédent d'AVC. Médianes chez l'homme : 747 pg/mL à 40-49 ans, 931 à 50-59, 1171 à 60-69, 1549 à 70-79, au-delà de 2150 après 80 ans.
Effort d'endurance. Quinze triathlètes d'élite, quatre heures de vélo à 73 % de la fréquence cardiaque maximale : GDF-15 multiplié par 5,3, plus de 30 % dépassant 2500 pg/mL, retour à la valeur de base en 24 heures.
Cachexie cancéreuse. Ponsegromab, phase 2, 187 patients, GDF-15 sérique supérieur ou égal à 1500 pg/mL à l'inclusion, poids médian 54,8 kg. Différence médiane entre groupes à la dose de 400 mg : plus 2,81 kg à douze semaines (intervalle de crédibilité à 95 % : 1,55 à 4,08).
Pour aller plus loin en vidéo
Martin Picard chez Steven Bartlett, The Diary of a CEO (2 juillet 2026, 2h38). Attention au titre choisi par la chaîne, qui promet infiniment plus que ce que dit l'invité. Le fond, lui, vaut le détour : le coût énergétique du stress, et pourquoi on peut tout faire « bien » et se réveiller vide.
Martin Picard chez Andrew Huberman, Huberman Lab (15 décembre 2025, 3h16). Plus dense, plus technique, plus long sur les mécanismes. Pourquoi manger plus ne donne pas plus d'énergie, comment l'entraînement augmente le contenu mitochondrial du muscle, et ce que le sens que vous donnez à votre vie fait aux mitochondries de votre cerveau.
Prenez soin de vous,

À lire aussi
Obtenez un cadeau pour partager la longévité.
Vous pouvez obtenir des cadeaux gratuits en parrainant vos amis et votre famille à notre newsletter
Vous avez actuellement {{ rp_num_referrals }} parrainage, il ne vous
en manque plus qu'1 pour l’obtenir.

1 recommandation
Mon kit de survie moderne de la longevité.

2 recommandations
- 25% de réduction sur les produits

3 recommandations
Mon livre : L’anatomie du vieillissement
Vous pouvez aussi copier et coller cette url qui vous appartient pour l’envoyer à quelqu’un : {{ rp_refer_url }}
Sources
Fejzo M, et al. GDF15 linked to maternal risk of nausea and vomiting during pregnancy. Nature. 2024;625(7996):760-767. DOI : 10.1038/s41586-023-06921-9
Bobba-Alves N, Sturm G, Picard M, et al. Cellular allostatic load is linked to increased energy expenditure and accelerated biological aging. Psychoneuroendocrinology. 2023;155:106322. DOI : 10.1016/j.psyneuen.2023.106322
Huang Q, Monzel AS, Picard M, et al. The energetic stress cytokine GDF15 is elevated in the context of chronic and acute psychosocial stress. Preprint bioRxiv, non publié en revue à comité de lecture. DOI : 10.1101/2024.04.19.590241
Rosenberg A, Picard M, et al. Quantitative mapping of human hair greying and reversal in relation to life stress. eLife. 2021;10:e67437. DOI : 10.7554/eLife.67437
Coll A, et al. GDF15 mediates the effects of metformin on body weight and energy balance. Nature. 2020;578:444-448. DOI : 10.1038/s41586-019-1911-y
Klein AB, Clemmensen C, et al. The GDF15-GFRAL pathway is dispensable for the effects of metformin on energy balance. Cell Reports. 2022;40(8):111258. DOI : 10.1016/j.celrep.2022.111258
Klein AB, Kiens B, Richter EA, Clemmensen C, et al. Pharmacological but not physiological GDF15 suppresses feeding and the motivation to exercise. Nature Communications. 2021;12:1041. DOI : 10.1038/s41467-021-21309-x
Groarke J, et al. Ponsegromab for the Treatment of Cancer Cachexia. New England Journal of Medicine. 2024;391:2291-2303. DOI : 10.1056/NEJMoa2409515
Liu X, Odden MC, et al. Plasma proteomic signature of decline in gait speed and grip strength. Aging Cell. 2022;21(12):e13736. DOI : 10.1111/acel.13736
Perri G, et al. An Expert Consensus Statement on Biomarkers of Aging for Use in Intervention Studies. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2025;80(5):glae297. DOI : 10.1093/gerona/glae297
Lemmelä S, Matakidou A, et al. Integrated analyses of growth differentiation factor-15 concentration and cardiometabolic diseases. eLife. 2022;11:e76272. DOI : 10.7554/eLife.76272
Welsh P, Sattar N, et al. Reference ranges for GDF-15, and risk factors associated with GDF-15, in a large general population cohort. Clin Chem Lab Med. 2022;60(11):1820-1829. DOI : 10.1515/cclm-2022-0135

