L'essentiel en 30 secondes
Un métabolisme en bonne santé se reconnaît à sa capacité de passer du sucre aux graisses selon le contexte, et non à un chiffre isolé sur une prise de sang. Dans la cohorte Whitehall II, la sensibilité à l'insuline des futurs diabétiques était déjà nettement abaissée plus de dix ans avant le diagnostic, alors que la glycémie à jeun ne s'emballait que dans les trois dernières années, ce qui explique qu'un bilan classique puisse rassurer à tort. Cinq mesures simples donnent une image bien plus fiable : le tour de taille, la glycémie à jeun accompagnée de l'hémoglobine glyquée, la tension artérielle, les triglycérides et le cholestérol HDL. Le rapport entre le tour de taille et la taille, que vous pouvez mesurer seul et sans laboratoire, complète utilement cette liste. Les leviers les mieux documentés sur ces marqueurs sont la masse musculaire, la fréquence à laquelle vous interrompez la position assise et la durée de votre sommeil. La capacité aérobie, elle, est fortement associée à la mortalité dans les données observationnelles, sans que le lien de cause à effet soit démontré.
La question se pose sous une forme ou une autre dès qu'on s'intéresse à son métabolisme : est-il lent, rapide, cassé, bloqué ? Le vocabulaire courant décrit le métabolisme comme un moteur qui tournerait plus ou moins vite, et cette image donne l'impression qu'il s'agirait d'une donnée fixe, héritée, contre laquelle on ne pourrait pas faire grand-chose.
La recherche décrit quelque chose de très différent. Ce qui distingue un métabolisme sain d'un métabolisme en difficulté ne tient pas à sa vitesse, mais à sa souplesse : sa capacité à choisir le bon carburant au bon moment. Cette propriété porte un nom, la flexibilité métabolique, et elle se mesure. Elle se dégrade aussi, souvent en silence, pendant des années.
Cet article sert de point d'entrée. Il pose le cadre général, indique quels marqueurs regarder et dans quel ordre, puis renvoie vers les articles qui traitent chaque mécanisme en profondeur.
Un métabolisme qui fonctionne bien change de carburant sans effort
La définition de référence a été posée par Goodpaster et Sparks dans Cell Metabolism en 2017 : la flexibilité métabolique est la capacité d'un organisme à s'adapter aux variations de la demande énergétique et des conditions du moment. Concrètement, après un repas riche en glucides, vos tissus doivent basculer massivement vers l'oxydation du glucose. À jeun, la nuit, ou pendant un effort long et modéré, ils doivent basculer vers l'oxydation des acides gras. Ce va-et-vient permanent est le comportement normal.
On le mesure par le quotient respiratoire, obtenu en calorimétrie indirecte à partir du rapport entre le gaz carbonique expiré et l'oxygène consommé. Un quotient bas signale une combustion majoritaire de graisses, un quotient élevé une combustion majoritaire de sucres. Chez une personne en bonne santé métabolique, ce quotient varie beaucoup au fil de la journée.
L'inflexibilité métabolique correspond au tableau inverse. Dans l'obésité et le diabète de type 2, les mêmes auteurs décrivent une oxydation du glucose anormalement élevée à jeun, quand elle devrait être basse, associée à une oxydation des graisses réduite. Le système reste bloqué sur un carburant au lieu de naviguer entre les deux. Cette rigidité s'accompagne de défauts de l'oxydation mitochondriale des acides gras et d'une accumulation de métabolites lipidiques dans le muscle.
Cette perte de souplesse est mesurable en laboratoire, mais elle ne provoque aucun symptôme au moment où elle s'installe. C'est précisément ce qu'un bilan sanguin standard ne permet pas de voir.
Une glycémie à jeun normale ne prouve pas que tout va bien
C'est aussi le point que la plupart des bilans annuels laissent complètement passer. L'étude de Tabák et ses collègues, publiée dans The Lancet en 2009, a suivi 6 538 fonctionnaires britanniques de la cohorte Whitehall II pendant près de dix ans, avec 505 diagnostics de diabète de type 2 sur la période. Les chercheurs ont reconstruit rétrospectivement la trajectoire de chaque marqueur avant le diagnostic.
Les deux marqueurs ne suivent pas du tout la même trajectoire. Plus de dix ans avant le diagnostic, les futurs diabétiques présentaient déjà une sensibilité à l'insuline inférieure d'environ 34 % à celle des témoins, tout en baissant au même rythme qu'eux. C'est seulement dans les cinq dernières années que leur sensibilité à l'insuline a chuté nettement plus vite que celle des témoins. La glycémie à jeun, elle, montait de façon très progressive, puis grimpait brutalement seulement dans les trois années précédant le diagnostic, passant d'environ 5,79 mmol/l (104 mg/dl) à 7,40 mmol/l (133 mg/dl). La fonction des cellules bêta du pancréas augmentait d'abord, pour compenser, avant de s'effondrer.
Autrement dit, le pancréas compense pendant des années en produisant davantage d'insuline, ce qui maintient la glycémie dans les valeurs normales. Le chiffre que mesurent la plupart des bilans ne bouge qu'au moment où cette compensation lâche.
UNE GLYCÉMIE À JEUN LIMITE HAUTE
Une glycémie à jeun comprise entre 5,6 et 6,9 mmol/l (100 à 125 mg/dl) correspond à la zone dite de prédiabète, selon les critères diagnostiques publiés par l'American Diabetes Association dans ses Standards of Care. Dans les trajectoires moyennes reconstruites par Whitehall II chez les personnes qui ont ensuite développé un diabète, la glycémie à jeun atteignait 5,79 mmol/l (104 mg/dl) trois ans avant le diagnostic, au moment où la fonction des cellules bêta cessait de compenser et commençait à s'effondrer. Il s'agit de moyennes de groupe, qui ne disent pas où en est une personne en particulier. Une valeur située dans cette zone justifie d'en parler à son médecin plutôt que d'attendre le bilan de l'année suivante.
C'est aussi pour cette raison que les approches qui agrègent plusieurs marqueurs biologiques en un score unique, comme l'âge phénotypique, apportent une information que la lecture ligne par ligne d'un bilan ne donne pas.
Les cinq mesures qui définissent une bonne santé métabolique
Il existe une définition consensuelle, et elle est plus exigeante que ce que la plupart des gens imaginent. Araújo, Cai et Stevens l'ont appliquée aux données NHANES 2009-2016 sur 8 721 adultes américains, dans une étude publiée en 2019. Une personne est considérée en santé métabolique optimale quand elle réunit cinq critères simultanément, sans prendre de traitement pour l'un d'eux.
Cette précision mérite d'être bien comprise, car elle prête à confusion. Le critère décrit une population de référence pour la recherche, il ne dit pas qu'un traitement serait un échec personnel ni qu'il faudrait s'en passer. Si vous prenez un antihypertenseur, une statine ou un antidiabétique, ce traitement vous protège, et le rôle des marqueurs qui suivent est de documenter votre trajectoire avec votre médecin, jamais de justifier un arrêt ou un ajustement de dose décidé seul. Ne modifiez aucun traitement en cours sur la base de cet article.
Marqueur | Seuil de santé métabolique optimale | Ce qu'il reflète |
|---|---|---|
Tour de taille | Moins de 102 cm chez l'homme, moins de 88 cm chez la femme | Graisse viscérale et hépatique |
Glycémie | À jeun sous 100 mg/dl (5,6 mmol/l) et hémoglobine glyquée sous 5,7 % | Capacité résiduelle à gérer le glucose |
Tension artérielle | Moins de 120 mmHg de systolique et moins de 80 de diastolique | État de la paroi vasculaire |
Triglycérides | Moins de 150 mg/dl (1,7 mmol/l) | Flux de graisses circulantes et charge hépatique |
Cholestérol HDL | Au moins 40 mg/dl (1,0 mmol/l) chez l'homme, 50 mg/dl (1,3 mmol/l) chez la femme | Transport inverse du cholestérol |
Les seuils de tour de taille présentés ici sont ceux retenus par l'étude NHANES citée, hérités de la définition du syndrome métabolique. Ils sont volontairement larges. Le rapport entre le tour de taille et la taille, présenté dans la section suivante, est nettement plus exigeant et repère le risque plus tôt. Un homme de 175 cm mesurant 95 cm de tour de taille reste sous le seuil de 102 cm du tableau, tout en dépassant déjà le rapport de 0,5. Les deux outils ne répondent pas à la même question, et le plus permissif ne doit pas servir à écarter le second.
LE CHIFFRE
Dans l'analyse NHANES 2009-2016, 12,2 % des adultes américains réunissaient les cinq critères. Avec les seuils plus anciens et plus permissifs, cette proportion montait à 19,9 %. Dans les deux cas, la santé métabolique optimale est l'exception statistique, et non la norme.
La même étude contredit une idée répandue : celle qui associe minceur et bonne santé métabolique. Moins d'un tiers des adultes de poids normal remplissaient les cinq critères. Chez les personnes en surpoids, la proportion tombait à 8,0 %, et à 0,5 % en cas d'obésité. Être mince ne garantit donc pas une bonne santé métabolique, et la balance ne remplace aucun de ces cinq marqueurs.
Parmi ces cinq mesures, une seule ne demande ni prise de sang ni rendez-vous : le tour de taille, que vous pouvez relever chez vous en une minute.
Le tour de taille divisé par la taille est plus parlant que l'IMC
Ashwell et Gibson ont comparé, dans BMJ Open en 2016, la performance de plusieurs outils de dépistage du risque cardiométabolique précoce. Le rapport entre le tour de taille et la taille identifiait davantage de personnes à risque que la matrice combinant indice de masse corporelle et tour de taille, alors recommandée par Public Health England. Parmi les adultes dont l'indice de masse corporelle est considéré comme normal, ceux dont ce rapport dépassait 0,5 présentaient certains facteurs de risque cardiométaboliques significativement plus élevés que ceux restés sous 0,5, après ajustement sur l'âge, le sexe et l'indice de masse corporelle. C'est précisément le profil que l'indice de masse corporelle seul ne détecte pas.
En pratique, votre tour de taille devrait rester inférieur à la moitié de votre taille. Pour une personne de 175 cm, la cible est un tour de taille sous 87,5 cm. La mesure se prend à mi-distance entre la dernière côte et le sommet de la crête iliaque, en fin d'expiration normale, sans rentrer le ventre. Ce repère ne s'applique ni pendant la grossesse, ni en cas d'ascite ou de pathologie abdominale, situations dans lesquelles la mesure perd toute signification.
Ce qui rend cet indicateur utile, c'est qu'il approche la graisse viscérale et hépatique plutôt que la masse totale. Or le foie occupe une place centrale dans cette histoire, notamment parce qu'il prend en charge le fructose que l'intestin grêle ne parvient plus à métaboliser lorsque les doses augmentent.
LE CONTRASTE
Deux hommes de 175 cm pèsent tous les deux 78 kg, avec un indice de masse corporelle identique de 25,5. Le premier affiche 84 cm de tour de taille et un rapport de 0,48. Le second affiche 97 cm et un rapport de 0,55. L'indice de masse corporelle les classe dans la même case. Le rapport tour de taille sur taille sépare celui qui reste sous le seuil de risque précoce de celui qui l'a dépassé.
Le muscle est votre principal organe de gestion du sucre
On associe spontanément la régulation de la glycémie au pancréas et au foie. La réalité quantitative est différente. DeFronzo et Tripathy rappelaient dans Diabetes Care en 2009 que, dans les conditions du clamp euglycémique hyperinsulinémique, environ 80 % de la captation du glucose se fait dans le muscle squelettique, et que 75 à 80 % de ce glucose capté par le muscle y est converti en glycogène.
Cette répartition déplace le centre de gravité du problème : du pancréas vers le muscle. Le muscle n'est pas seulement un organe de mouvement ou d'esthétique, il est le réservoir principal dans lequel le sucre alimentaire est rangé. Quand ce réservoir est petit, ou quand il est saturé parce qu'il n'a pas été vidé par l'activité, le glucose reste en circulation plus longtemps et l'insuline doit monter davantage.
Cette machinerie répond à l'entraînement, y compris lorsqu'elle est déjà abîmée. Meex et son équipe ont soumis 18 hommes diabétiques de type 2 et 20 témoins sains à douze semaines d'entraînement mixte, combinant résistance et endurance, à raison de trois séances de 45 minutes par semaine. Les résultats ont été publiés dans Diabetes en 2010. Il s'agissait de participants sélectionnés et suivis en milieu hospitalier : les diabétiques inclus avaient un diabète bien contrôlé, avec une hémoglobine glyquée autour de 7,2 %, un diagnostic posé depuis au moins un an, un mode de vie sédentaire, et tous prenaient des antidiabétiques oraux, metformine seule ou associée à un sulfamide hypoglycémiant. La fonction mitochondriale a progressé de 48 % chez les diabétiques, atteignant le niveau qu'avaient les témoins avant l'entraînement, tandis que celle des témoins progressait de 28 %. La flexibilité métabolique, mesurée par la variation du quotient respiratoire, a été restaurée chez les diabétiques, avec une captation du glucose sous insuline améliorée de 63 %.
LE PROTOCOLE
Dans l'étude de Meex, le programme tenait en trois séances de 45 minutes par semaine, pendant douze semaines, alternant renforcement musculaire et endurance. Aucun régime n'a été imposé et aucune perte de poids n'était visée. En revanche, les participants diabétiques poursuivaient en parallèle leur traitement antidiabétique oral habituel, metformine seule ou associée à un sulfamide hypoglycémiant, et ce traitement est resté inchangé pendant toute la durée de l'étude. C'est donc l'entraînement ajouté à ce traitement, et non l'entraînement seul, qui a restauré la flexibilité métabolique. Le résultat ne dit rien de ce qu'obtiendrait le même programme chez un diabétique non traité.
Reste que ces trois séances laissent 165 autres heures dans la semaine, pendant lesquelles le métabolisme continue de travailler sans supervision.
Rester assis longtemps dégrade la réponse au repas, même chez les gens actifs
L'essai croisé de Dunstan et ses collègues, publié dans Diabetes Care en 2012, est l'un des plus démonstratifs sur ce point. Dix-neuf adultes en surpoids ou obèses, âgés de 45 à 65 ans, ont été soumis dans un ordre aléatoire à trois conditions de cinq heures suivant l'ingestion d'une boisson test standardisée apportant 75 g de glucides et 50 g de lipides : position assise ininterrompue, position assise entrecoupée de deux minutes de marche légère toutes les vingt minutes, ou la même chose avec une marche d'intensité modérée.
Les pauses de marche légère ont réduit l'aire sous la courbe du glucose de 24,1 % et celle de l'insuline de 23 %, par rapport à la position assise continue. Avec une intensité modérée, la réduction de la charge glycémique atteignait 29,6 %, et celle de l'insuline 23 % également, soit exactement la même valeur que pour la marche légère. La différence entre les deux intensités sur la charge glycémique n'atteignait pas le seuil de significativité statistique, et les intervalles de confiance se recouvraient largement. Marcher lentement suffit donc à obtenir l'effet. Le volume total d'activité ajouté sur ces cinq heures représentait 28 minutes, réparties en fragments de deux minutes.
Les travaux sur la lipoprotéine lipase musculaire, une enzyme qui régule la captation des graisses circulantes, suggèrent un mécanisme complémentaire à celui du glucose. Ils reposent toutefois en grande partie sur des modèles animaux, et cette enzyme n'a pas été mesurée dans l'essai de Dunstan. Le sujet est développé dans l'article consacré à la sédentarité prolongée. En pratique, une séance de sport le matin ne protège pas des huit heures assises qui suivent : les deux leviers agissent par des voies différentes.
LE RÉFLEXE
Après les repas principaux, fractionnez la position assise avec deux minutes de marche toutes les vingt minutes. Dans l'essai de Dunstan, ce schéma, soit 28 minutes de marche réparties sur cinq heures, a réduit la charge glycémique de 24,1 % avec une marche légère et de 29,6 % avec une marche modérée, sans différence statistiquement significative entre les deux intensités. Cet essai portait sur une boisson test standardisée, et non sur un repas ordinaire dont la cinétique glycémique diffère, ce qui invite à lire ces chiffres comme un ordre de grandeur plutôt que comme des valeurs transposables telles quelles. Si votre journée ne se prête pas à ce fractionnement, une marche de dix à quinze minutes après le repas reste une adaptation raisonnable, même si ce format précis n'a pas été testé dans cet essai. Rapporté au temps investi, il s'agit de l'une des interventions les mieux documentées de cet article.
Le sommeil et la capacité aérobie agissent aussi sur ces marqueurs
Deux leviers restent largement sous-estimés quand on parle de métabolisme, alors que les essais disponibles montrent un effet mesurable sur la sensibilité à l'insuline, indépendamment de l'alimentation.
Le premier est le sommeil. Broussard et son équipe ont publié dans les Annals of Internal Medicine en 2012 un essai croisé randomisé sur sept adultes jeunes et minces, comparant quatre nuits à 4,35 heures de sommeil en moyenne contre quatre nuits à 7,87 heures, à apport calorique et activité physique contrôlés. Après la restriction, la sensibilité à l'insuline de l'organisme entier avait baissé de 16 %, et la réponse insulinique des adipocytes prélevés par biopsie avait chuté d'environ 30 %. Quatre nuits ont suffi à produire cet effet. Au niveau des adipocytes, six des sept participants présentaient une réponse à l'insuline dégradée après la restriction, ce qui laisse un participant sans effet mesurable. La baisse de 16 % de la sensibilité de l'organisme entier est, elle, une moyenne de groupe, et l'essai ne rapporte pas de donnée individuelle sur ce point. L'effectif est très réduit, ce qui impose de rester prudent sur la généralisation. La privation de sommeil modifie par ailleurs les signaux hormonaux de la faim et de la satiété, ce qui ajoute un second mécanisme au premier.
Le second est la capacité aérobie. Mandsager et ses collègues ont analysé 122 007 adultes ayant passé un test d'effort sur tapis roulant à la Cleveland Clinic entre 1991 et 2014, dans une étude parue dans JAMA Network Open en 2018. Comparés aux sujets de faible condition physique, ceux du groupe d'élite présentaient un rapport de risque ajusté de mortalité toutes causes de 0,20. Les auteurs notaient qu'une condition physique dégradée pesait autant ou davantage que des facteurs de risque cliniques classiques comme le tabagisme ou le diabète, dont les rapports de risque ajustés se situaient autour de 1,40 dans la même cohorte.
Il s'agit ici d'une étude observationnelle, et elle ne démontre pas à elle seule que l'amélioration de la capacité aérobie prolonge la vie. Elle établit une association d'une force inhabituelle, cohérente avec les mécanismes documentés par ailleurs sur la fonction mitochondriale et la sensibilité à l'insuline.
Ces travaux convergent vers cinq actions concrètes, classées ici de la plus immédiate à la plus structurelle.
Votre protocole
Mesurez votre tour de taille et divisez-le par votre taille. Visez un rapport inférieur à 0,5. C'est la mesure que vous obtenez immédiatement, sans laboratoire ni rendez-vous : un mètre de couturière et une minute suffisent. Elle approche la graisse viscérale, que le poids sur la balance ne renseigne pas.
Demandez un bilan complet, pas seulement la glycémie à jeun. Glycémie, hémoglobine glyquée, triglycérides, cholestérol HDL et tension artérielle forment un ensemble cohérent. Isolée, la glycémie à jeun peut rester normale alors que les autres marqueurs se dégradent déjà.
Fractionnez la position assise après les repas, avec deux minutes de marche toutes les vingt minutes. Dans l'essai de Dunstan, ce schéma, soit 28 minutes de marche réparties sur cinq heures, a réduit la charge glycémique de 24,1 % avec une marche légère et de 29,6 % avec une marche modérée, sans différence statistiquement significative entre les deux intensités. À défaut, une marche continue après le repas reste préférable à l'immobilité, même si ce format n'a pas été testé dans cet essai.
Combinez renforcement musculaire et endurance, à raison de trois séances de 45 minutes par semaine. C'est le protocole de l'essai de Meex, dans lequel il a restauré la flexibilité métabolique chez des diabétiques sélectionnés, bien contrôlés et traités par antidiabétiques oraux. En conditions de clamp euglycémique hyperinsulinémique, le muscle capte environ 80 % du glucose. Si vous êtes diabétique, sédentaire de longue date, ou si vous n'avez pas eu d'évaluation cardiovasculaire récente, faites valider la reprise de l'effort en résistance par votre médecin avant de commencer. Certaines complications du diabète, notamment une atteinte de la rétine, une neuropathie autonome ou une lésion du pied, imposent d'adapter le type d'exercice.
Protégez sept à huit heures de sommeil. Quatre nuits courtes ont suffi à faire baisser de 16 % la sensibilité à l'insuline moyenne des sept jeunes adultes sains de l'essai de Broussard, et six d'entre eux présentaient une réponse adipocytaire dégradée. Rien dans les données citées ici ne suggère qu'un ajustement alimentaire compense une dette de sommeil installée : dans cet essai, l'apport calorique était justement maintenu constant, et la sensibilité à l'insuline a quand même chuté.
Avertissement médical
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical individualisé. Il ne remplace ni une consultation, ni un diagnostic, ni un traitement établi par un professionnel de santé. Si vous suivez un traitement, notamment antidiabétique ou antihypertenseur, ou si vous présentez une pathologie chronique, parlez à votre médecin avant de modifier votre alimentation, votre activité physique ou vos habitudes de sommeil.
Si vous êtes traité par insuline ou par sulfamides hypoglycémiants, l'activité physique après le repas peut provoquer une hypoglycémie : l'adaptation de la surveillance glycémique et des doses se discute avec votre médecin avant de mettre en place ces marches.
En cas de grossesse, d'insuffisance rénale, d'insuffisance cardiaque évoluée, de coronaropathie non évaluée, de rétinopathie diabétique, de neuropathie autonome, de lésion du pied diabétique ou de pathologie abdominale, les repères de tour de taille et les recommandations d'activité présentés dans cet article ne s'appliquent pas directement et doivent être adaptés en consultation. Une reprise d'activité physique, en particulier en résistance, après une longue période de sédentarité et sans évaluation cardiovasculaire récente, se prépare également avec un médecin.
Pour aller plus loin
Sources
Goodpaster BH, Sparks LM. Metabolic Flexibility in Health and Disease. Cell Metabolism. 2017;25(5):1027-1036. DOI : 10.1016/j.cmet.2017.04.015
Araújo J, Cai J, Stevens J. Prevalence of Optimal Metabolic Health in American Adults: National Health and Nutrition Examination Survey 2009-2016. Metabolic Syndrome and Related Disorders. 2019;17(1):46-52. DOI : 10.1089/met.2018.0105
Tabák AG, Jokela M, Akbaraly TN, Brunner EJ, Kivimäki M, Witte DR. Trajectories of glycaemia, insulin sensitivity, and insulin secretion before diagnosis of type 2 diabetes: an analysis from the Whitehall II study. The Lancet. 2009;373(9682):2215-2221. DOI : 10.1016/S0140-6736(09)60619-X
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Ashwell M, Gibson S. Waist-to-height ratio as an indicator of early health risk: simpler and more predictive than using a matrix based on BMI and waist circumference. BMJ Open. 2016;6(3):e010159. DOI : 10.1136/bmjopen-2015-010159
DeFronzo RA, Tripathy D. Skeletal Muscle Insulin Resistance Is the Primary Defect in Type 2 Diabetes. Diabetes Care. 2009;32(Suppl 2):S157-S163. DOI : 10.2337/dc09-S302
Meex RCR, Schrauwen-Hinderling VB, Moonen-Kornips E, et al. Restoration of muscle mitochondrial function and metabolic flexibility in type 2 diabetes by exercise training is paralleled by increased myocellular fat storage and improved insulin sensitivity. Diabetes. 2010;59(3):572-579. DOI : 10.2337/db09-1322
Dunstan DW, Kingwell BA, Larsen R, et al. Breaking Up Prolonged Sitting Reduces Postprandial Glucose and Insulin Responses. Diabetes Care. 2012;35(5):976-983. DOI : 10.2337/dc11-1931
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Mandsager K, Harb S, Cremer P, Phelan D, Nissen SE, Jaber W. Association of Cardiorespiratory Fitness With Long-term Mortality Among Adults Undergoing Exercise Treadmill Testing. JAMA Network Open. 2018;1(6):e183605. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2018.3605