
L'ESSENTIEL EN 30 SECONDES
Les microplastiques ont été retrouvés presque partout dans le corps. Leur lien avec la maladie est plausible, sans causalité démontrée. Gardez d'abord les fondamentaux : bougez, dormez, mangez vrai et ne fumez pas. Cette semaine, fermez quelques robinets : ne réunissez jamais chaleur et plastique, délaissez l'eau en bouteille, aérez votre logement et remplacez toute poêle rayée. La filtration du sang progresse : chez les personnes très chargées, elle fait déjà baisser les microplastiques du sang de façon mesurable, sans bénéfice clinique démontré à ce jour.
Il y avait du plastique dans l'artère
À Naples, dans une salle d'opération, un chirurgien vasculaire retire la plaque d'athérome qui obstrue la carotide d'un patient. Ce geste banal est pratiqué des milliers de fois par an en Europe. La plaque part au laboratoire.
Sauf que cette fois, l'équipe du professeur Raffaele Marfella ne cherche pas du cholestérol. Elle cherche du plastique.
Au microscope électronique, elle trouve des fragments aux bords déchiquetés, pour la plupart plus petits qu'un micromètre, logés à l'intérieur des macrophages, ces cellules immunitaires censées nettoyer la paroi artérielle. Le polyéthylène, le plastique des sacs et des films alimentaires, est présent dans 58 % des plaques, et le PVC dans 12 %.
Puis les chercheurs ont attendu 34 mois, et compté les infarctus, les AVC et les décès. Les patients dont la plaque contenait du plastique avaient un risque d'événements graves 4,5 fois plus élevé que les autres, après ajustement sur les facteurs de risque classiques. L'étude a été publiée dans le New England Journal of Medicine, la revue médicale la plus lue au monde, en mars 2024 [1].
Le plastique était aussi dans l'artère.
Je vais vous dire 2 choses qui semblent contradictoires et qui sont pourtant vraies toutes les deux. Un : ce sujet mérite votre attention, et des gestes simples réduisent votre exposition dès ce soir. Deux : si vous dormez 5 heures par nuit, ne bougez pas et mangez industriel, le plastique n'est pas votre problème numéro un. Gardez ces 2 idées en tête jusqu'à la fin. C'est l'équilibre que je cherche.
Microplastiques et nanoplastiques : de quoi parle-t-on ?
Un microplastique mesure moins de 5 millimètres. Un nanoplastique mesure moins d'un micromètre (certaines agences retiennent même moins de 100 nanomètres). Un globule rouge mesure 7 micromètres, une bactérie environ 1. Un nanoplastique est plus petit qu'une bactérie.

Cette différence de taille change tout. Un fragment de 100 micromètres avalé ressortira très probablement dans les selles. Un nanoplastique a la taille de ce que vos cellules savent avaler : il peut franchir l'intestin, passer dans le sang, entrer dans une cellule et finir enfermé dans un lysosome, le centre de recyclage cellulaire, qui ne sait pas le digérer [2].
Ils naissent de la fragmentation lente de tout ce que nous fabriquons en plastique. 5 familles dominent, repérables au petit numéro dans le triangle de recyclage.

Zhang J et al., J Pharm Anal 2025. CC BY 4.0. Réalisé avec BioRender.
Le PVC (n° 3) des canalisations et des jouets de bain. Le polyéthylène (n° 2 et 4) des sacs et des films alimentaires. Le PET (n° 1) des bouteilles d'eau et du polyester de vos tenues de sport. Le polypropylène (n° 5) des gobelets, pots de yaourt et biberons. Le polystyrène (n° 6) des barquettes et des couverts jetables.
Une précision, parce que je l'ai moi-même mal formulée dans un ancien post : le bisphénol A (BPA) n'est pas un microplastique. C'est une molécule qui entre dans la composition de certains plastiques et des résines qui tapissent les canettes. Le vrai sujet porte sur la particule et sa cargaison.
Un problème double : la particule et sa cargaison

La particule est un corps étranger. Elle attire les cellules immunitaires et entretient une inflammation de bas grade. Elle sert aussi de radeau : à sa surface s'accrochent métaux lourds, PFAS (les « polluants éternels ») et résidus de pesticides. Elle forme ainsi un cheval de Troie miniature.
La cargaison, ce sont les additifs. Un plastique n'est jamais un polymère pur : on y ajoute plastifiants, retardateurs de flamme, stabilisants, colorants. Le rapport scientifique PlastChem a recensé en 2024 plus de 16 000 substances chimiques présentes dans les plastiques, dont plus de 4 200 jugées préoccupantes [3]. Beaucoup ne sont pas liées chimiquement au polymère. Elles migrent, surtout avec la chaleur, le gras et l'acidité.
Perturbateur endocrinien : la fausse clé dans la serrure
Vos hormones sont des messagers. Œstradiol, testostérone, hormones thyroïdiennes, cortisol circulent dans le sang et se fixent sur des récepteurs, comme une clé dans une serrure. La serrure ouverte, la cellule allume ou éteint des gènes.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, un perturbateur endocrinien est une substance extérieure qui altère le fonctionnement du système hormonal et provoque, de ce fait, des effets néfastes sur l'organisme, sa descendance ou une population [4].
Il agit de 3 façons. Il imite l'hormone : une fausse clé qui ouvre au mauvais moment. Il bloque le récepteur : une clé cassée coincée dans la serrure. Ou il dérègle la fabrication, le transport et l'élimination de l'hormone. Le BPA, son cousin le BPS et plusieurs phtalates se comportent comme des xénoœstrogènes, de faux œstrogènes. Le DEHP, phtalate qui assouplit le PVC, est associé à une baisse de la testostérone et perturbe la signalisation thyroïdienne.
2 propriétés déroutent la toxicologie classique. La dose ne fait pas toujours le poison : certains perturbateurs ont des effets plus marqués à faible dose qu'à forte dose [5]. C'est pourquoi l'Autorité européenne de sécurité des aliments a divisé en 2023 la dose journalière tolérable de BPA par 20 000 [6], et pourquoi l'Union européenne l'interdit dans les matériaux au contact des aliments depuis janvier 2025, avec une période de transition. Et le moment compte plus que la quantité : grossesse, petite enfance et puberté sont des fenêtres de vulnérabilité.

L'atlas des microplastiques dans le corps
En une décennie, on a cherché du plastique dans presque tous les tissus humains. On en a trouvé presque partout.
Dans le sang de 17 donneurs sur 22 [7]. Dans 11 échantillons de poumon sur 13 [8]. Dans le côlon, 28 particules par gramme de tissu en moyenne [9]. Dans le placenta, d'abord chez 4 femmes sur 6 en 2021 [10], puis dans les 62 placentas d'une série américaine en 2024 [11]. Dans les 23 testicules humains étudiés la même année, avec 12 polymères différents [12]. Et, première mondiale en 2025, dans le liquide folliculaire qui baigne l'ovocyte : 14 femmes sur 18, environ 2 191 particules par millilitre, d'une taille moyenne de 4,5 micromètres [13].

Le cerveau est également concerné. En février 2025, Nature Medicine publie l'étude de Nihart et coll. : plus de plastique dans le cerveau que dans le foie ou le rein, une hausse d'environ 50 % entre 2016 et 2024 selon les auteurs, et des concentrations plus élevées encore en cas de démence [14]. Le chiffre a fait le tour du monde : l'équivalent d'une petite cuillère de plastique dans le crâne.
La nuance que les médias ont rarement donnée : l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) juge ces quantités « invraisemblablement élevées » [15]. La technique de mesure peut confondre certains fragments de graisses avec du polyéthylène, et le cerveau est l'organe le plus gras du corps. Ajoutez des contrôles de contamination jugés insuffisants et seulement 12 cerveaux atteints de démence : un signal à prendre au sérieux, tout en refusant de graver ce chiffre dans le marbre. Le lien peut même fonctionner à l'envers : un cerveau malade, à la barrière abîmée, laisserait entrer davantage de particules.
La détection, à elle seule, ne démontre aucune toxicité. Mais quand on trouve quelque chose dans tous les placentas d'une série, on a le droit de se poser des questions.
Microplastiques et infarctus : l'étude du NEJM décortiquée sans hystérie
Revenons à Naples. C'est l'étude humaine la plus solide sur un lien entre plastique et maladie, et elle a été mal racontée, y compris par moi.
304 patients opérés d'une sténose carotidienne sans symptôme, 257 suivis jusqu'au bout pendant 33,7 mois en moyenne. Polyéthylène dans 58,4 % des plaques, PVC dans 12,1 % [1]. Infarctus, AVC ou décès : 8 événements sur 107 patients sans plastique (7,5 %), contre 30 sur 150 patients avec plastique (20 %). Après ajustement, le rapport de risque est de 4,53. Les plaques chargées de plastique étaient aussi plus inflammatoires.

Je corrige publiquement une erreur relayée dans un de mes articles en anglais : j'avais écrit que l'étude ne portait que sur 38 patients. Cette affirmation était fausse : 38 est le nombre d'événements (8 plus 30), sur 257 patients suivis. J'en prends acte.
Ce que l'étude ne prouve pas reste vrai. L'étude montre une association sans établir de causalité. Les auteurs reconnaissent qu'une contamination au laboratoire ne peut pas être totalement exclue et qu'ils n'avaient pas de données socio-économiques, alors que l'exposition au plastique suit souvent la précarité, l'alimentation industrielle et la pollution de l'air. On peut aussi imaginer l'inverse : une plaque déjà très inflammatoire, pleine de macrophages, attirerait davantage de particules. Le plastique témoignerait alors du phénomène sans en être la cause.
LE CHIFFRE
Chez les patients opérés à Naples, le rapport de risque atteignait 4,53 lorsque la plaque contenait du plastique. Cette association persiste après ajustement, mais l'étude ne permet pas d'affirmer que le plastique cause les événements.
Un autre chiffre a circulé : le plastique aurait tué 356 238 personnes en 2018, près de 14 % des décès cardiovasculaires entre 55 et 64 ans. Il vient d'une modélisation de l'équipe de Leonardo Trasande à NYU [16]. Il ne porte que sur un seul phtalate, le DEHP, sans concerner les microplastiques, et les auteurs précisent que leur analyse n'a pas été conçue pour prouver la causalité. Il rappelle surtout que la menace chimique des plastiques est au moins aussi sérieuse que la menace particulaire.
Garder la tête froide
Je maintiens ce que je défendais dans mon article « menace réelle ou nouveau fantasme médiatique ? ». Les maladies cardiovasculaires tuent environ 18 millions de personnes par an, la pollution aux particules fines plus de 4 millions. Les microplastiques sont un facteur émergent, plausible, mal quantifié. Ils constituent un facteur supplémentaire sans remplacer les autres. Si vous ne deviez faire qu'une chose après cette lecture, ce serait d'aller marcher, avant même d'acheter un filtre.
Mais le plastique a une particularité qui m'intéresse : c'est l'un des rares facteurs de risque que l'on réduit sans aucune volonté. Il n'exige ni régime ni motivation à entretenir. On remplace une poêle, une bouilloire, une boîte, et c'est fait pour des années.
La médecine soustractive
La médecine moderne est additive. À un symptôme répond une molécule, et à un manque un complément. Je la pratique et je n'ai rien contre elle.
Mais en longévité, je commence presque toujours par l'inverse, en cherchant ce qu'on retire : le sucre ajouté avant le complément pour la glycémie, l'alcool du mardi avant le somnifère, l'écran de 23 heures avant la mélatonine. La molécule la plus sûre est celle dont vous n'avez pas besoin.
Appliquée au plastique, une image suffit : fermer le robinet avant d'éponger. Éponger, c'est-à-dire éliminer le plastique déjà présent, devient possible et progresse vite. Fermer le robinet, lui, est à la portée de tous, dès ce soir.
Les gestes et leur niveau de preuve
Mesuré signifie qu'un effet est quantifié chez l'humain ou en conditions réelles ; plausible repose sur un mécanisme et des données indirectes ; expérimental vient de l'animal, de la cellule ou d'une seule personne.
Ce que l'on fait | Niveau de preuve |
|---|---|
Aérer, filtrer l'air et agir sur l'eau | Plausible pour l'air ; mesuré pour l'eau bouillie puis filtrée |
Écarter toute chaleur du plastique | Mesuré pour le relargage dans la boisson |
Remplacer la poêle rayée et les planches en plastique | Plausible : relargage mesuré en laboratoire, ingestion réelle estimée |
Se changer après l'effort et choisir des fibres naturelles | Plausible |
Réduire les autres portes d'entrée | Plausible |
Choisir des matières naturelles au prochain remplacement dans l'habitat | Plausible |
Dégrader le plastique avec des champignons, des bactéries ou des larves | Expérimental, et environnemental |
Soutenir le transit, le foie et la lymphe | Plausible pour les fibres, expérimental pour le chitosan |
Transpirer, donner son plasma ou prendre de la cholestyramine | Sueur : BPA et phtalates détectés, aucune donnée pour les particules ; don de plasma et résines : baisse ou excrétion de certains PFAS mesurée |
Réduire la charge toxique totale | Plausible |
Manger des aliments riches en anthocyanes et en sulforaphane | Expérimental |
Piéger le plastique dans l'intestin avec des bactéries | Expérimental |
Filtrer le sang | Mesuré pour la baisse sanguine chez les personnes très chargées, bénéfice clinique non démontré |
Suivre les premiers traitements et outils de mesure | Préclinique à premiers essais humains |
Chaque levier porte un niveau de preuve. Mesuré : un effet quantifié chez l'humain ou en conditions réelles. Plausible : le mécanisme tient, les données sont indirectes. Expérimental : animal, cellule, ou une seule personne qui s'est testée.
Premier temps : réduire l'exposition aux microplastiques

1. L'air et l'eau, les 2 portes oubliées
On imagine le plastique dans l'assiette. Il est d'abord dans l'air de votre salon. Une équipe toulousaine a mesuré en 2025 environ 528 particules par mètre cube d'air dans les logements et 2 238 dans les voitures, soit quelque 68 000 microplastiques de 1 à 10 micromètres inhalés par jour, la taille qui descend jusqu'aux alvéoles [17]. Nos textiles, tapis et canapés qui s'effritent en poussière en sont la principale source.
Aérer franchement, fenêtres grandes ouvertes 10 minutes matin et soir, même en hiver. Utilisez un aspirateur à filtre HEPA (99,97 % des particules de 0,3 micromètre retenues, selon la norme américaine) pour limiter la remise de la poussière en suspension. Passez un chiffon humide. Installez un purificateur HEPA dans la chambre, où vous passez un tiers de votre vie. Plausible : la baisse des particules dans l'air est mesurée, tandis que l'effet sur la charge corporelle ne l'est pas encore.
Pour l'eau, une étude de Columbia a analysé l'eau en bouteille avec un laser capable de voir les nanoplastiques : environ 240 000 particules par litre, dont 90 % de nanoplastiques que les méthodes précédentes ne voyaient pas [18]. L'eau en bouteille plastique est la première chose à soustraire. Même « sans BPA », c'est du plastique.
Pour le robinet, une équipe chinoise a montré en 2024 que faire bouillir l'eau 5 minutes, puis la filtrer (un filtre à café suffit), élimine jusqu'à 90 % des micro et nanoplastiques d'une eau dure et environ 25 % d'une eau douce [19]. Le calcaire qui précipite emprisonne les particules. Plus votre eau est calcaire, mieux ça marche ; votre distributeur publie sa dureté. La solution la plus complète reste l'osmose inverse, qui retient aussi une bonne partie des PFAS et des bisphénols, à condition de reminéraliser l'eau. Un filtre à charbon en bloc est un bon compromis. Mesuré, pour l'ébullition suivie d'une filtration.
2. Jamais de chaleur dans le plastique, surtout pas votre café
Si je ne gardais qu'une règle : chaleur et plastique ne vont jamais ensemble. La chaleur accélère la fragmentation et la migration des additifs.
Un sachet de thé pyramide en plastique infusé à 95 °C libérerait, selon l'étude de 2019, environ 11,6 milliards de microplastiques et 3,1 milliards de nanoplastiques dans la tasse [20]. Un gobelet en carton à emporter, tapissé d'un film plastique, libère environ 25 000 microparticules dans 100 mL de boisson chaude en 15 minutes [21]. Un biberon en polypropylène préparé à l'eau chaude, jusqu'à 16 millions de particules par litre [22]. Et 3 minutes de micro-ondes dans une boîte plastique libèrent des millions de microplastiques et des milliards de nanoplastiques par centimètre carré de contenant [23].
Ce que je fais : café et thé dans la céramique, le verre ou l'inox, jamais dans un gobelet à emporter ; mon mug inox voyage dans mon sac. Choisissez le thé en vrac et une bouilloire en inox ou en verre. Ne réchauffez rien dans le plastique, même « compatible micro-ondes » : ce label garantit que la boîte ne fond pas, sans garantir une absence totale de relargage. Pour les parents : préparer le lait dans du verre, laisser tiédir, puis transvaser, ou passer au biberon en verre. Pour les machines à café à réservoir et circuits plastiques, aucune donnée solide ; par précaution, je préfère le piston en verre ou l'inox. Mesuré, pour le relargage dans la boisson.
LE RÉFLEXE
Retenez cette règle pour la cuisine : chaleur et plastique ne vont jamais ensemble. Versez le café ou le thé dans la céramique, le verre ou l'inox, et ne réchauffez rien dans une boîte plastique.
3. La poêle rayée, dernier tabou de la cuisine
Les poêles antiadhésives sont recouvertes de PTFE (le Teflon), membre de la famille des PFAS. Une équipe australienne a montré en 2022 qu'une seule rayure peut libérer environ 9 100 particules, et un revêtement abîmé jusqu'à 2,3 millions [24].
Une poêle rayée part à la déchetterie, sans négociation. Remplacez-la par de l'inox, de la fonte, de l'acier carbone culotté ou de la céramique pure, avec des ustensiles en bois. Même logique pour les planches à découper en plastique, rayées à chaque coupe, qui pourraient nous faire ingérer des dizaines de millions de particules par an [25]. Choisissez du bois ou du bambou. Stockez les aliments dans du verre ou de l'inox ; les vieux Tupperware rayés serviront à ranger des vis. Plausible : relargage mesuré en laboratoire, ingestion réelle estimée.
LE SIGNAL D'ALERTE
Dans une expérience de laboratoire, une seule rayure sur une poêle antiadhésive a libéré environ 9 100 particules. Quand le revêtement est abîmé, la poêle part à la déchetterie. Remplacez-la par de l'inox, de la fonte, de l'acier carbone ou de la céramique pure.
PARTENAIRE · PRANACOOK
Pranacook propose des poêles et des casseroles en inox 18/10, sans revêtement antiadhésif, compatibles avec l'induction et garanties à vie. Si votre poêle est rayée, c'est une façon de la remplacer par un métal nu. Avec le code DRADDOR, vous bénéficiez de 10 % de remise.
4. Ce que vous portez : la peau, la sueur et la vérité sur l'affaire Lululemon
Vos tenues de sport sont surtout du polyester et de l'élasthanne : du PET tissé.
Remettons les faits dans l'ordre, car l'histoire a été racontée à l'envers. Le premier signal d'alarme ne venait pas de Lululemon. En 2022 et 2023, l'ONG américaine Center for Environmental Health a fait tester des brassières, leggings et t-shirts de grandes marques : du BPA jusqu'à 22 puis 40 fois au-dessus de la limite californienne d'exposition par la peau, uniquement dans des textiles en polyester contenant de l'élasthanne [26]. Lululemon n'y figurait pas. L'affaire Lululemon date d'avril 2026 : le procureur général du Texas enquête pour savoir si la marque a trompé ses clients sur la présence de PFAS [27]. La marque affirme les avoir éliminés depuis 2023 et coopère. Il s'agit d'une enquête ouverte en avril 2026 ; aucune condamnation n'avait été prononcée à son ouverture.
Sur le mécanisme aussi, je corrige. Une peau saine laisse très peu passer les particules, mais elle laisse passer les additifs. Sur des modèles de peau humaine en 3D, l'université de Birmingham a montré en 2024 que des retardateurs de flamme contenus dans des microplastiques se dissolvent dans la sueur : jusqu'à 8 % de la dose pénètre dans la peau, et 0,1 % au plus la traverse entièrement, d'autant plus que la peau est humide [28]. La sueur, qu'on imagine comme une sortie, peut devenir une entrée.
Donc : se changer et se doucher vite après l'effort, sans garder une tenue trempée 2 heures. Laver les vêtements neufs avant de les porter. Fibres naturelles (coton bio, mérinos, lin, chanvre) pour ce qui touche la peau longtemps : sous-vêtements, pyjamas, couches de base. Et le clin d'œil aux hommes, cette fois avec une vraie référence : chez 656 hommes étudiés dans un centre de fertilité de Harvard, les caleçons amples étaient associés à une concentration de spermatozoïdes 25 % plus élevée que les sous-vêtements serrés [29]. C'est surtout une affaire de chaleur, mais le coton ample coche toutes les cases. Plausible.
PARTENAIRE · SEAGALE
Seagale est une marque française qui conçoit à Toulon des vêtements du quotidien. Pour les pièces portées longtemps contre la peau, regardez sa ligne en laine mérinos et Tencel, une fibre issue du bois. Le t-shirt et la culotte de cette ligne contiennent 8 % d'élasthanne pour la tenue. Par ce lien, la remise de 10 % s'applique automatiquement au paiement, sans code.
5. Les autres portes d'entrée
Privilégiez les produits frais non emballés sous film. Privilégiez les bocaux en verre aux conserves et aux canettes, dont le revêtement intérieur contient souvent des bisphénols, surtout avec des aliments acides. Refusez les tickets de caisse thermiques, a fortiori avec les mains fraîchement crémées ou désinfectées. Choisissez des cosmétiques et des dentifrices sans polyéthylène ni polypropylène dans la liste d'ingrédients ; l'Union européenne les restreint depuis 2023, avec des transitions jusqu'en 2035 pour certains produits. Et le chewing-gum : un travail préliminaire présenté en 2025 à l'American Chemical Society retrouve environ 100 microplastiques par gramme mâché, gommes naturelles comme synthétiques (non encore publié dans une revue). Plausible.
Pour les ordres de grandeur, une estimation de 2019 chiffrait notre apport annuel entre 74 000 et 121 000 particules, plus environ 90 000 par an pour qui ne boit que de l'eau en bouteille, contre 4 000 au robinet [30]. Ces chiffres ignoraient les nanoplastiques. Ils montrent néanmoins où sont les gros leviers.
6. L'habitat : votre maison respire, choisissez ce qu'elle exhale
L'air intérieur étant la première source, la maison mérite réflexion avant chaque achat. Sols en vinyle, moquettes synthétiques, canapés en microfibre, rideaux, coussins : tout ce qui s'use finit en poussière, et la poussière finit dans vos poumons ou sur votre fourchette.
Je ne vous demande pas de tout jeter. Au prochain remplacement, choisissez la version naturelle. Prenez du parquet, du carrelage ou du linoléum naturel pour les sols, et de la laine, du coton ou du lin pour les tapis, rideaux et housses. Choisissez du bois massif quand c'est possible. Priorité à la chambre des enfants, qui jouent par terre et portent tout à la bouche. Plausible.
7. Les champignons qui mangent le plastique
Cette partie me rend optimiste. En 2011, des étudiants de Yale en expédition en Amazonie équatorienne découvrent Pestalotiopsis microspora, un champignon qui dégrade le polyuréthane et s'en nourrit, même sans oxygène, comme au fond d'une décharge [31]. En 2023, l'université de Sydney montre que Aspergillus terreus et Engyodontium album dégradent 25 à 27 % d'un polypropylène prétraité en 90 jours [32]. Côté bactéries, Ideonella sakaiensis, découverte en 2016 dans un centre de recyclage japonais, découpe le PET grâce à 2 enzymes [33]. Et des larves de ténébrion, les vers de farine, digèrent le polystyrène grâce aux bactéries de leur intestin.
Manger des champignons ne dégrade pas le plastique dans votre corps. Ces organismes travaillent dans le sol, l'eau et les bioréacteurs : ils dessinent le recyclage biologique de demain. Expérimental, et environnemental.
Second temps : aider le corps à éliminer les microplastiques
Ici commence la partie la plus neuve. Certaines pistes sont déjà mesurées chez l'humain, d'autres en sont aux premiers essais. Je vous les présente avec leur niveau de preuve, parce que suivre ce front est mon métier. Les premiers outils de mesure de la charge en plastique existent ; il reste à les standardiser et à prouver qu'en la réduisant, on protège la santé à long terme.
1. La voie royale : intestin, foie, lymphe
Une partie des microplastiques avalés ressort dans les selles : une étude autrichienne en a retrouvé chez les 8 volontaires testés [34]. Les plus petites particules qui pénètrent l'organisme sont en partie captées par le foie et excrétées dans la bile, ou drainées par la lymphe.
Ce qui accélère cette voie sert mille autres causes. Cette voie bénéficie d'un transit régulier, soutenu par les fibres (30 grammes par jour, que 87 % des Suisses n'atteignent pas), l'eau et le mouvement. Les muscles et le diaphragme sont les pompes du système lymphatique, qui n'a pas de cœur à lui. Elle bénéficie aussi d'un foie qui n'est pas saturé d'alcool ou de graisse. Une piste spécifique : le chitosan, une fibre issue de la carapace des crustacés, se lie aux microplastiques dans l'intestin du rat et augmente leur élimination fécale, contrairement à d'autres fibres testées (université Tokai, 2025) [35]. Plausible pour les fibres, expérimental pour le chitosan.
2. La sueur : BPA et phtalates détectés, sans preuve pour les particules
Je recommandais 4 saunas par semaine pour éliminer les plastiques par la sueur. Je garde le sauna, je corrige la justification.
L'étude canadienne BUS démontre que la sueur contient du BPA chez 16 participants sur 20, parfois alors qu'il était indétectable dans le sang et les urines [36]. Elle observe le même phénomène pour les phtalates [37]. En revanche, aucune étude contrôlée ne démontre que la sueur évacue des particules de plastique. Le chiffre viral de 86 % de microplastiques en moins grâce au sauna vient de Bryan Johnson, une seule personne qui avait changé en même temps son eau, son alimentation et tous les plastiques de sa maison.
Je garde le sauna parce que c'est un des outils de longévité les mieux étudiés : dans la cohorte finlandaise de Kuopio, 4 à 7 séances par semaine étaient associées à une mortalité cardiovasculaire réduite de moitié par rapport à une seule [38]. Chez moi, c'est sauna traditionnel presque tous les soirs. Et, en tirant la leçon de Birmingham, douche au savon juste après. Mesuré pour le BPA et les phtalates, aucune donnée pour les particules.
Le don de plasma relève de la même catégorie, celle des gestes qui marchent pour autre chose : chez 285 pompiers australiens, un don toutes les 6 semaines pendant un an a réduit d'environ 30 % leur taux sanguin de PFOS, un PFAS [39]. La cholestyramine, vieux médicament contre le cholestérol qui piège la bile : un essai suédois de 2025 montre qu'elle accélère l'élimination des PFAS et qu'un médicament de la même famille, le colesevelam, a fait baisser l'un d'eux de près de 40 % en 12 semaines [40]. Elle exige une ordonnance, se réserve à une exposition documentée et comporte des effets digestifs. Mesuré, pour les PFAS uniquement.
3. La charge totale : votre seau a une contenance
Je compare souvent la toxicologie à un seau. Plastiques, PFAS, métaux lourds, particules fines, alcool, tabac : chaque source verse un peu d'eau. Foie, reins, intestin et système immunitaire le vident en permanence. Le problème commence quand il déborde.
Les nanoplastiques n'arrivent jamais seuls et sollicitent les mêmes défenses que tout le reste : stress oxydatif, inflammation, détoxification hépatique. Réduire les autres apports libère de la capacité. Arrêter de fumer, réduire l'alcool, ne pas courir aux heures de pointe le long des grands axes : bien qu'elles n'agissent pas spécifiquement sur le plastique, ces mesures sont probablement les plus rentables. Plausible.
4. 2 molécules à suivre : anthocyanes et sulforaphane
Les anthocyanes sont les pigments rouges, violets et bleus des myrtilles, mûres, cerises, du chou rouge et du raisin noir. Une revue du Journal of Pharmaceutical Analysis, d'où viennent 2 des illustrations de cette lettre, propose une hypothèse séduisante : grâce à leur structure à 3 cycles, elles pourraient occuper les récepteurs aux œstrogènes et aux androgènes et empêcher les perturbateurs issus des plastiques de s'y fixer, tout en freinant l'inflammation [41].

Hypothèse : les anthocyanes s'opposeraient aux effets des micro et nanoplastiques sur les organes reproducteurs. Zhang J et al., J Pharm Anal 2025. CC BY 4.0. Réalisé avec BioRender.
Lecture critique : cette publication est une revue sans essai clinique. Elle s'appuie sur des simulations informatiques, des cellules et des rongeurs, sans aucune étude humaine. Et dans les simulations elles-mêmes, les molécules issues des plastiques se fixaient plus fortement que les anthocyanes sur le récepteur aux androgènes. L'hypothèse est à moitié contredite par ses propres données. Je vous recommande une poignée de baies par jour, crues, avec un peu de citron, et j'écarte les gélules censées « bloquer le plastique » (la vitamine C stabilise ces pigments, la chaleur les dégrade). Leurs bénéfices vasculaires et cognitifs sont démontrés par ailleurs. Expérimental.
Le sulforaphane est libéré par le brocoli, surtout ses jeunes pousses, quand on les mâche. 2 faits sont solides. Il active Nrf2, le chef d'orchestre de nos enzymes de détoxification : dans un essai randomisé chinois sur 291 personnes très exposées à la pollution, une boisson aux pousses de brocoli a augmenté de 61 % l'élimination urinaire du benzène [42]. Et il active TFEB, l'interrupteur qui commande la fabrication des lysosomes et leur vidange hors de la cellule [43].
Cela conduit à l'hypothèse que, si les nanoplastiques s'accumulent dans les lysosomes, le sulforaphane pourrait pousser les cellules à les expulser. En 2025, le chercheur américain Jon Brudvig s'est testé lui-même avec 100 mg, 10 fois la dose usuelle : au deuxième jour, le nombre de grosses particules dans son sang avait nettement augmenté [44]. L'expérience porte sur une seule personne, sans aucun témoin, avec un test commercial non validé, et laisse une question sans réponse : ces particules mobilisées sont-elles éliminées, ou simplement redistribuées ? La mobilisation ne garantit donc pas l'élimination. Expérimental. Les pousses de brocoli ont leur place dans l'assiette, tandis que les mégadoses restent réservées aux protocoles de recherche.
5. Des bactéries pour piéger le plastique dans l'intestin
Une rumeur tenace circule, mais aucune société ne commercialise une bactérie qui « digère » les microplastiques dans l'intestin humain. Il existe en revanche des probiotiques expérimentaux qui, chez la souris, les capturent pour qu'ils sortent dans les selles.
Une équipe chinoise a criblé 784 souches de bactéries lactiques et en a retenu 2 qui, chez la souris, augmentent l'élimination fécale de nanoplastiques [45]. La souche Lactiplantibacillus plantarum PD01 réduit chez la souris les résidus intestinaux de 4 plastiques [46], et une bactérie isolée du kimchi fait de même [47]. Le premier essai humain randomisé (96 adultes, 6 semaines) s'est achevé en février 2026 : une prépublication de résultats intermédiaires rapporte une baisse de plusieurs métabolites de phtalates dans les urines, mais la mesure des microplastiques dans les selles, critère principal, n'est pas encore publiée [48]. Aux États-Unis, la société Winnow vend déjà un probiotique « qui lie les microplastiques », sans essai humain publié sur son produit. Expérimental.
6. Filtrer le sang : le front qui avance le plus vite
C'est le sujet sur lequel je travaille en ce moment, et celui qui me rend le plus enthousiaste.
La technique repose sur une idée simple et n'a rien de nouveau. Depuis plus de 40 ans, on sépare le plasma des cellules sanguines pour traiter des maladies auto-immunes, neurologiques ou certains excès de cholestérol. L'homme qui a fait entrer cette technique dans le champ de la longévité s'appelle Dobri Kiprov, immunologiste à San Francisco et membre fondateur de la Société américaine d'aphérèse. En 2025, avec le Buck Institute, son équipe a publié dans Aging Cell un essai contrôlé contre placebo, en simple aveugle : chez 42 adultes, l'échange plasmatique répété, associé à des immunoglobulines, a réduit l'âge biologique mesuré par un ensemble de biomarqueurs de 2,6 ans en moyenne, et de 1,3 an avec des échanges mensuels sans immunoglobulines [49]. Ces variations des biomarqueurs étaient les plus nettes après les 3 premières séances et n'étaient plus statistiquement significatives face au placebo au dernier point de suivi.
Il restait à déterminer si le retrait du plasma emportait aussi du plastique. La réponse est arrivée en mai 2026, dans le Journal of Clinical Apheresis, depuis le réseau de cliniques Circulate auquel Kiprov est associé, avec comme conseiller scientifique Matthew Campen, le toxicologue qui a mesuré le plastique dans les placentas et les cerveaux [50]. 114 patients, 174 séances, un dosage sanguin avant et après chaque échange. Chez les patients les plus chargés (au moins 30 particules pour 100 microlitres de sang, 21 séances), le taux est passé en moyenne de 52,2 à 21,1 particules après une seule séance. Environ 60 % de moins, en 2 heures. Le dosage utilisé n'a pas fait l'objet d'une validation publique et ne détecte pas les nanoplastiques de moins d'un micromètre.
Chez les patients qui partaient de taux très bas, le taux a au contraire augmenté, de 4,4 à 14,4 particules pour 100 microlitres en moyenne. Les auteurs ont retrouvé des particules dans le liquide d'amorçage du circuit lui-même (11 particules pour 100 microlitres dans la poche d'amorçage) : les tubulures et les poches en plastique en relarguent. Pour moi, c'est un point technique : un rinçage abondant du circuit avant la séance vise précisément à réduire ce relargage, même si cette étude ne démontre pas encore qu'il le maîtrise. La leçon pratique est claire : cette intervention a du sens uniquement chez les personnes dont la charge est mesurée et élevée, avec un protocole soigné.
En parallèle, l'équipe du professeur Stefan Bornstein, à Dresde, a retrouvé des microplastiques dans le liquide récupéré après aphérèse [51], puis montré qu'une séance de double filtration réduisait jusqu'à 25 % 4 PFAS courants et faisait baisser le polyéthylène chez les 4 patients testés pour ce polymère [52]. Et une nouvelle génération de filtres apparaît : à Londres, la clinique Clarify propose une colonne de filtration marquée CE, conçue spécifiquement pour retenir les microplastiques, les PFAS et des protéines inflammatoires, sans liquide de remplacement [53]. La société annonce 90 % de particules retenues, pour des particules de plus de 5 micromètres, lors d'un essai de banc de 4 heures ; ces chiffres n'ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture et ne démontrent pas de bénéfice clinique : c'est la prochaine étape que j'attends.
Chez les personnes très chargées, on sait désormais faire baisser la charge en plastique du sang de façon mesurable. L'effet sur les particules logées dans les tissus et sur la santé à long terme reste à déterminer. C'est exactement pourquoi je construis cette offre pour ma clinique avec un cadre de médecine de précision : dosage avant et après, circuit rincé, filtres dédiés, suivi des biomarqueurs dans le temps. Une intervention de pointe ne vaut que par la rigueur de son protocole. Niveau de preuve : mesuré pour la baisse sanguine chez les personnes très chargées, bénéfice clinique en cours d'évaluation.
LA BONNE NOUVELLE
La filtration du sang donne désormais un résultat mesurable chez l'humain. Chez les patients les plus chargés, une séance a fait passer la moyenne de 52,2 à 21,1 particules pour 100 microlitres. Le bénéfice clinique reste en cours d'évaluation.
7. Et la pharma ? Les premiers essais arrivent
Aucun médicament n'est encore autorisé pour retirer les microplastiques du corps. Mais pour la première fois, plusieurs approches ont franchi le cap des premiers tests.
La start-up texane Elora annonce développer la première enzyme injectable conçue pour être administrée dans la circulation et dégrader les microplastiques directement dans l'organisme, avec l'objectif d'un enregistrement comme médicament biologique auprès de la FDA [54]. On est au stade préclinique, mais l'idée est vertigineuse : faire dans le corps ce qu'Ideonella sakaiensis fait dans les centres de recyclage.
Des capteurs intestinaux sont déjà testés chez l'humain. La souche probiotique PD01 a fait l'objet d'un essai randomisé contre placebo chez 96 adultes : selon une prépublication de résultats intermédiaires, après 6 semaines, plusieurs métabolites de phtalates avaient baissé dans les urines, et les résultats sur les microplastiques fécaux sont attendus [48]. La société américaine Quorum Innovations a présenté en juin 2026, puis publié en septembre, ses premiers résultats avec Qi601, un postbiotique (une bactérie inactivée) qui se lie aux particules : en digestion simulée, le signal libre de nanoplastiques modèles de polystyrène a baissé d'environ 92 % ; le volet humain se limite à une expérience exploratoire dans la bouche d'un volontaire, sans mesure d'élimination digestive [55]. Les études animales vont dans le même sens, avec une élimination fécale accrue chez la souris [45-47].
Les outils de mesure étaient le maillon manquant. Des dosages sanguins comme PlasticTox, utilisé dans l'étude de Circulate, permettent déjà de suivre une charge individuelle avant et après une intervention [50]. Et en avril 2026, l'ARPA-H, l'agence américaine de recherche biomédicale de rupture, a lancé STOMP, un programme de 144 millions de dollars pour valider des tests cliniques de référence puis financer des solutions d'élimination [56].
Le jour où l'on saura mesurer de façon validée, on pourra traiter et en prouver l'effet ; nous y sommes presque. Niveau de preuve : préclinique à premiers essais humains.
Ce que je retiens
Le plastique est en nous, du sang au placenta. Son lien avec la maladie est plausible et appuyé par une étude solide du NEJM, sans être encore prouvé. Ses additifs, eux, sont des perturbateurs endocriniens bien documentés.
Ma hiérarchie tient en 3 lignes. D'abord les fondamentaux, qui pèsent infiniment plus lourd : bouger, dormir, manger vrai, ne pas fumer. Ensuite la médecine soustractive, gratuite ou presque, sans risque et définitive : plus de boisson chaude dans le plastique, plus de plastique au micro-ondes, plus de poêle rayée, de l'eau filtrée, ou bouillie puis filtrée, de l'air renouvelé, des fibres naturelles sur la peau. Enfin la médecine soustractive de précision, qui arrive : filtration du sang, capteurs intestinaux, enzymes. Je la suis de près et je la prépare pour ma clinique, avec une exigence simple : mesurer avant, mesurer après.
Vous pouvez décider de ce qui entre dans votre tasse demain matin, même sans pouvoir vider l'océan de son plastique.
Mon objectif reste de skier à 90 ans. Je compte y arriver sans vivre sous cloche, en retirant patiemment, une à une, les petites choses qui ne servent à rien et qui coûtent quelque chose.
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Pour les confrères
Cette rubrique rassemble les chiffres clés, les limites des études et la position à tenir, pour les médecins et les professionnels de santé.
Les données clés, en un coup d'œil
Question | Meilleure donnée disponible | Limite principale |
|---|---|---|
Lien avec les événements cardiovasculaires | Marfella, NEJM 2024 : 257 patients, HR ajusté 4,53 (IC 95 % 2,00 à 10,27), HR brut 2,84 | Observationnel, contamination non exclue, pas de données socio-économiques |
Présence dans le cerveau | Nihart, Nat Med 2025 : concentrations supérieures au foie et au rein, hausse 2016-2024 | Pyr-GC/MS sujette à interférences lipidiques, critique du BfR |
Fardeau des phtalates | Hyman et Trasande, eBioMedicine 2025 : 356 238 décès CV liés au DEHP en 2018 (55-64 ans) | Modélisation, non conçue pour la causalité, DEHP seul |
Eau en bouteille | Qian, PNAS 2024 : environ 240 000 particules/L, 90 % de nanoplastiques | 3 marques américaines |
Réduction de l'exposition hydrique | Yu, ES&T Letters 2024 : ébullition 5 min + filtration, jusqu'à 90 % (eau dure), environ 25 % (eau douce) | Laboratoire, eau du robinet chinoise |
Élimination des PFAS | Gasiorowski, JAMA Netw Open 2022 (plasma, environ 30 % de PFOS) ; Andersson, Environ Int 2025 (cholestyramine, colesevelam) | Pas de donnée sur les particules |
Probiotiques capteurs | Teng 2025, Zhao 2026, Lee 2026 (souris) ; NCT07416214 (96 adultes) | Critère fécal humain non publié |
Aphérèse | Weinstein, J Clin Apher 2026 : 114 patients, 174 séances, 52,2 à 21,1 particules/100 µL si charge ≥ 30 ; Fuentealba et Kiprov, Aging Cell 2025 (âge biologique) ; Bornstein 2025-2026 | Pas encore de critère clinique ; apport du circuit à maîtriser par rinçage ; liens des auteurs avec les opérateurs, réplication indépendante nécessaire |
Pipeline | Elora (enzyme injectable, préclinique) ; Qi601 (publié en septembre 2026, surtout in vitro, expérience humaine exploratoire sur un volontaire) ; ARPA-H STOMP (programme de recherche, 144 M$) | Elora et STOMP sans résultats publiés ; Qi601 sans preuve d'élimination chez l'humain |
Position à tenir face aux patients
La position que je défends. Je pars du constat que nous avons tous des micro et nanoplastiques dans le corps. Je retiens qu'il n'existe pas aujourd'hui de test validé pour mesurer la charge personnelle : les tests sanguins commerciaux mesurent une fraction circulante, sans valeur de référence ni lien démontré avec la santé. Je juge raisonnable de réduire l'exposition, parce que c'est simple et sans risque. Les techniques d'élimination comme l'aphérèse se proposent dans un cadre structuré : charge mesurée et élevée, information claire sur ce qui est démontré (la baisse sanguine) et ce qui est en cours d'évaluation (le bénéfice clinique), dosage avant et après.
Mes priorités médicales. Grossesse, projet de grossesse, nourrissons et jeunes enfants : c'est là que l'argument de précaution est le plus fort, à la fois pour les perturbateurs endocriniens (fenêtres de vulnérabilité) et pour les biberons chauffés. Je donne ensuite la priorité aux patients à haut risque cardiovasculaire. La tension, le LDL, la glycémie et le tabac doivent être traités d'abord, et la fiche « médecine soustractive » s'y ajoute.
Les expositions que je juge nécessaire de rechercher. Eau en bouteille, boissons chaudes à emporter, réchauffage au micro-ondes, état des poêles, profession (industrie plastique, textile, pompiers, coiffure), habitat (sols vinyle, ventilation), tabagisme et pollution de l'air.
Les options pour lesquelles il existe des données humaines. Don de plasma ou de sang si éligible, pour les PFAS. Cholestyramine hors autorisation de mise sur le marché pour l'indication PFAS uniquement, en cas d'exposition documentée et après information du patient. Aphérèse ou échange plasmatique avec circuit rincé et dosage avant et après, chez les patients à charge élevée, sachant qu'une charge circulante élevée ne constitue pas à elle seule une indication validée. Le reste (anthocyanes, sulforaphane, probiotiques capteurs, chitosan) relève encore de l'expérimental et se présente comme tel.
Les données que je juge prioritaires. Les résultats du critère fécal de l'essai PD01, les premiers outils de mesure validés issus du programme STOMP, et toute réplication indépendante de Marfella avec des contrôles de contamination rigoureux.
Pour aller plus loin
Sur le même sujet, chez le Dr Addor.
Nanoplastiques dans l’eau en bouteille, Qian 2024. Ce qu’elle montre : Naixin Qian, autrice principale, présente la mesure d’environ 240 000 particules par litre et le microscope Raman à deux lasers.
Matthew Campen, cerveau et aphérèse. Ce qu’elle montre : entretien avec Matthew Campen sur l’accumulation dans le cerveau et les organes, puis discussion prudente de l’échange plasmatique et de ses limites.
Eau bouillie, Yu 2024. Ce qu’elle montre : la précipitation des minéraux à l’ébullition, le piégeage des particules et la filtration de l’eau refroidie, d’après Yu 2024.
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Je ne suis pas votre médecin. Cette newsletter informe, elle ne remplace pas une consultation. Avant toute modification de traitement, toute aphérèse ou toute prise de cholestyramine, parlez-en à votre médecin.
Prenez soin de vous.
Dr Guénolé ADDOR
Médecin de la longévité, Genève

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Sources
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Brandts I, Solà R, Garcia-Ordoñez M, et al. Polystyrene nanoplastics target lysosomes interfering with lipid metabolism through the PPAR system and affecting macrophage functionalization. Environmental Science: Nano. 2023;10(9):2245-2258. DOI : 10.1039/D2EN01077A
Wagner M, Monclús L, Arp HPH, et al. State of the science on plastic chemicals - Identifying and addressing chemicals and polymers of concern. Rapport PlastChem, version 1. 2024. DOI : 10.5281/zenodo.10701706
WHO/IPCS. Global assessment on the state of the science of endocrine disruptors. OMS, rapport WHO/PCS/EDC/02.2. 2002. https://www.who.int/publications/i/item/WHO-PSC-EDC-02.2
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EFSA CEP Panel. Re-evaluation of the risks to public health related to the presence of bisphenol A in foodstuffs. EFSA Journal. 2023;21(4):6857. DOI : 10.2903/j.efsa.2023.6857
Leslie HA, van Velzen MJM, Brandsma SH, et al. Discovery and quantification of plastic particle pollution in human blood. Environ Int. 2022;163:107199. DOI : 10.1016/j.envint.2022.107199
Jenner LC, Rotchell JM, Bennett RT, et al. Detection of microplastics in human lung tissue using μFTIR spectroscopy. Sci Total Environ. 2022;831:154907. DOI : 10.1016/j.scitotenv.2022.154907
Ibrahim YS, Tuan Anuar S, Azmi AA, et al. Detection of microplastics in human colectomy specimens. JGH Open. 2021;5(1):116-121. DOI : 10.1002/jgh3.12457
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Montano L, Raimondo S, Piscopo M, et al. First evidence of microplastics in human ovarian follicular fluid: an emerging threat to female fertility. Ecotoxicol Environ Saf. 2025. DOI : 10.1016/j.ecoenv.2025.117868
Nihart AJ, Garcia MA, El Hayek E, et al. Bioaccumulation of microplastics in decedent human brains. Nat Med. 2025. DOI : 10.1038/s41591-024-03453-1
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Bureau du procureur général du Texas. Attorney General Ken Paxton Launches Investigation into Lululemon Over Potential Presence of Toxic 'Forever Chemicals' in Activewear. Communiqué officiel, 13 avril 2026. https://www.texasattorneygeneral.gov/news/releases/attorney-general-ken-paxton-launches-investigation-lululemon-over-potential-presence-toxic-forever
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Zhang J, Liu W, Cui F, Kolehmainen M, Chen J, Zhang L, Zarei I. Exploring the potential protective role of anthocyanins in mitigating micro/nanoplastic-induced reproductive toxicity: a steroid receptor perspective. J Pharm Anal. 2025;15(2):101148. DOI : 10.1016/j.jpha.2024.101148
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Zhao L, Feng Y, Li J, et al. Lactiplantibacillus plantarum PD01 from high excretion donor functions as a natural defense against microplastic toxicity. npj Science of Food. 2026. Publication en ligne le 4 août 2026. DOI : 10.1038/s41538-026-01045-6
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